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5e mondial mais favori ? Le regard tranchant de Novès sur le XV de France

Le XV de France n’est que 5e au classement World Rugby. Mais pour Guy Novès, les Bleus restent une référence mondiale. Explications.

Thibault Perrin 31/01/2026 à 10h35
XV de France 5e mondial : pourquoi Guy Novès place pourtant les Bleus tout en haut.Crédit photo : Justin Setterfield - World Rugby
XV de France 5e mondial : pourquoi Guy Novès place pourtant les Bleus tout en haut.Crédit photo : Justin Setterfield - World Rugby

À une semaine du coup d’envoi du Tournoi des 6 Nations 2026, le XV de France pointe à la 5e place du classement mondial World Rugby. Notamment derrière l'Irlande (4e) et l'Angleterre (3e). Un rang qui ne raconte pas toute l’histoire. Dans un entretien accordé à Midi Libre, Guy Novès, ancien sélectionneur des Bleus, estime que les Bleus sont au-dessus.

Pour lui, la hiérarchie est claire : “L’Afrique du Sud et la France restent les deux nations qui me paraissent au-dessus.” Un avis, à rebours du simple classement à l’approche d’un Tournoi où la France, tentante du titre, jouera gros avec trois réceptions à la maison.

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“La France peut être championne” : Novès y croit dur comme fer

Guy Novès ne doute ni du potentiel ni de l’ambition des Bleus. “La France peut être championne, bien sûr. Et je ne pense pas que l’Afrique du Sud soit imbattable. Vraiment.” Le message est limpide : quand on porte le maillot tricolore, on ne se présente jamais en victime. L’ancien boss des Bleus rappelle aussi une évidence souvent oubliée : la roue finit toujours par tourner.

À ses yeux, la France passera devant tôt ou tard, portée par sa densité et son vécu récent. Dans le même souffle, Novès observe un léger tassement chez les autres géants historiques. Les All Blacks “ont baissé d’un cran”, tandis que l’Irlande semble arriver à un tournant générationnel.

Pourquoi le classement ne dit pas tout

Tous les supporters et les spécialistes vous le diront : le classement mondial reflète des résultats, pas une dynamique de fond à l'orée du Tournoi. La France, selon lui, a pris “un réel ascendant” sur l’Irlande, notamment grâce à la maîtrise collective et à l’avantage du terrain. Jouer en France, dans un Tournoi aussi resserré, n’est pas un détail : c’est souvent un facteur décisif.

Une défaite ne peut être envisagée”, tranche Novès, fort de son expérience. À l’époque, ses Bleus avaient gagné à domicile et chuté à l’extérieur. Aujourd’hui, la France version Galthié a élargi sa palette, notamment dans la continuité et le jeu debout, ce qui change profondément la physionomie des matchs à haute intensité.

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Angleterre : le seul vrai grain de sable ?

Si un adversaire peut perturber les Bleus dans le Tournoi selon Novès, c’est bien l’Angleterre. Pas forcément par son jeu, mais par sa capacité à retrouver confiance. L’ancien sélectionneur note une fraîcheur nouvelle, incarnée par des jeunes comme Henry Pollock, et s’interroge sur l’évolution du staff. Changement de jeu ou simple regain d’assurance ? Difficile à dire, mais les fondamentaux restent les mêmes : conquête et défense. Et dans ce domaine, la France est aujourd’hui armée pour répondre présent.

Le jeu français, entre Toulouse et Bordeaux

Autre point clé soulevé par Novès : l’ADN du jeu actuel. “Aujourd’hui, l’équipe de France se base beaucoup sur le jeu toulousain et le jeu bordelais.” Traduction terrain : du jeu debout, de la vitesse, des passes après contact et une défense de fer. Le Stade Toulousain maîtrise ce registre depuis des années, l’Union Bordeaux-Bègles s’y installe progressivement.

En sélection, cette cohérence facilite les automatismes, un point capital à l’approche d’un Tournoi où l’on n’a pas le temps de bricoler. Pour Novès, un sélectionneur choisit avant tout des joueurs “qui jouent le mieux entre eux” et capables d’apporter un supplément d’âme.

Le message de Novès est clair : le Tournoi ne sert pas à préparer demain, mais à gagner maintenant. Les tournées sont faites pour tester, pas les 6 Nations. Une victoire finale offrirait un capital confiance énorme, sans que l’échec soit pour autant dramatique. Avec trois titres mondiaux chez les jeunes (2018, 2019, 2023), la relève est là. “Les lendemains de l’équipe de France sont assurés.” Une phrase qui résume tout : la France est prête, aujourd’hui comme demain.

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Mathieu09
Mathieu09

Il me semble que les irlandais seront encore bien là cette année...


Et le tournant générationnel rend l'angleterre plus performante de mois en mois...


Vieille Gloire
Vieille Gloire

J’ajoute un passage qui n’avait strictement aucune importance, bien sûr 😋.


Concernant le débat Jalibert – Ntamack, il se demande si Matthieu Jalibert va vraiment apporter à l’équipe de France. Extrait:


« Jalibert ou Ntamack ? Il vaut mieux avoir deux talents que pas de choix du tout. Jalibert fait un excellent début de saison, il se promène. Est-ce qu’il aura la même promenade au niveau international ? C’est la vraie question. Romain, même s’il est moins étincelant, on sait ce qu’il peut apporter sur le terrain international. »


HookAHooker
HookAHooker

oui enfin le mec preche pour son eglise. Bru dira l´inverse c´est de bonne guerre.


HookAHooker
HookAHooker

je suis d´accord avec le gitan. a un detail pres des clubs comme Pau et bayonne vont apporter aussi a l'adn de l´EDF avec les qualite sous les ballon haut (pau)


Jacques-Tati-en-EDF
Jacques-Tati-en-EDF

Oui pas mal de clubs ont compris les fondements du jeu moderne et la mesure de leur performance.


Pianto
Pianto

le classement world rugby de la France est un peu faussé ca c'est la seule équipe qui joue un quart de ses matchs avec une équipe B contre des grosses nations. Il y a donc plus de défaites chaque année que la valeur de l'équipe ne devrait en donner.
Et à chaque tournoi, tournée d'automne et coupe du monde notre équipe vaut un peu mieux que ce que son classement semble indiquer.


Je rejoins le Gitan sur l'analyse des forces du tournoi et sur la valeur de notre équipe.
Et ça me fait plaisir d'avoir le même avis que lui.


potemkine09
potemkine09

Le jeu bordelais étant le clone du jeu stadiste ^^
Sur le reste, il a 100% raison.


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Pianto
Pianto

pas tout à fait d'accord, les deux équipes se rejoignent sur le rythme de jeu très intense et la volonté de jouer de partout.


Cependant, les bordelais sont quand même plus fragiles devant. Au niveau de la puissance, il y a un gouffre mais ils sont plus dangereux derrière.


Le stade toulousain, c'est un rouleau compresseur qui te crascaille devant et les arrières bénéficient de ces espaces pour envoyer beaucoup de jeu de partout.
Les Bordelais ne sont pas aussi dominateurs devant (loin s'en faut) mais avec des plus petits espaces, ils créent beaucoup parce qu'il y a énromément de crativité et de vitesse dans le jeu courant.


Alors, les toulousains sont eux aussi créatifs et mettent de la vitesse, hein, ils n'accusent pas un retard énorme sur ce plan, c'est genre 9/10 pour l'un et 8 pour l'autre. Mais devant, l'écart est plus important et comme le rugby commence devant...


Pour moi, le jeu de l'équipe de France est très proche du jeu toulousain pour ce qui est de l'utilisation des avants dans l'axe, très puissants, très joueurs, très rapides dans les transmissions mais ensuite dans l'uilisation des ballons et des espaces derrière je ne retrouve de parenté avec aucune des deux équipes. A Toulouse et à Bordeaux, il y a mille fois plus de liberté dans le plan de jeu qu'en équipe de France (alors qu'il n'y a quasiment que des toulousains et des bordelais pour jouer ces ballons).


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Jacques-Tati-en-EDF
Jacques-Tati-en-EDF

Assez d'accord avec toi. le jeu toulousain et bordelais ne sont pas tout à fait pareils ... Avec des points communs (la vitesse, le mouvement ...) mais l'UBB joue davantage sur la vitesse derrière et sur une sorte de qualité d'enchainement rapide qui prend de court les équipes, et d'adaptation au pied avec sa charnière lorsqu'il le faut. Le ST joue plus sur l'improvisation, le défi et la possibilité de jouer et marquer dans toutes les situations, plus opportunistes, on dira, plus imprévisibles mais plus risqué. Avec aussi une recherche de vitesse.