Face à des Irlandais en difficulté, l’Italie est passée tout proche d’un exploit ce samedi, à l’Aviva Stadium. La fin de match est cruelle. Cruelle parce que les italiens avaient les cartes en main. Cruelle parce qu’ils ont multiplié les munitions sans jamais transformer.
À 14 minutes de la fin, Irlande mène 20-13. L’Italie doit marquer, elle le sait, et son entame de money time est cohérente : sorties de camp propres, jeu au pied de pression, ballons récupérés sous les chandelles. Remonter tout le terrain ballon en main est risqué. Il reste près d’un quart d’heure, alors l’Italie patiente, occupe, remonte peu à peu le terrain. Le plan est clair, et il fonctionne.
À la 71e minute, une mauvaise transmission entre Crowley et Osborne lui offre un ballon précieux dans les 40 mètres adverses. Il reste alors neuf minutes. Exactement ce que cherchait l’Italie : territoire, temps, dynamique. Quelques phases plus tard, elle entre pour la première fois dans les 22 mètres irlandais. Elle est plus proche que jamais de marquer. C’est ici que tout se joue.
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Quarante secondes après être entrée dans les 22, Garbisi tape une chandelle. Sans avantage, alors que le momentum était plutôt favorable aux hommes de Gonzalo Quesada.
Dans une zone où conserver le ballon est souvent bien plus rentable que le rendre. La logique voudrait une séquence longue : conservation, attendre la faute irlandaise.
Mais ce choix remet l’Irlande dans le match. Les Verts récupèrent, sortent en touche, et l’Italie doit repartir d’un lancement à 30 mètres. Première munition perdue.
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L’Italie remet la pression, obtient une pénalité, puis une touche dans les 22 mètres à la 75e minute. C’est sa meilleure opportunité.
Tout indique un ballon porté, symbole du rugby de domination et de patience. Mais là encore, elle choisit le jeu au pied par-dessus. Quitte ou double.
Un ballon dépendant du rebond, donc jamais vraiment maîtrisé. Certes, Menoncello passe à quelques centimètres de libérer toute une nation, mais ces quelques centimètres rendent la possession aux irlandais. Ce ne sont pas des fautes de main. Ce sont des fautes stratégiques.
Le chaos des dernières minutes
À la 77e minute, l’Irlande rend une touche à 40 mètres. L’Italie la perd sur le lancement : nouvelle erreur. Mais l’Irlande, choisit de laisser le ballon sur le rectangle vert, sans réellement mettre de pression à la retombée : ballon rendu.
Dernière munition Italienne. Il reste 1 minute 30. Les coéquipiers de Lamaro enchaînent alors les temps de jeu. Ils avancent difficilement, car la défense irlandaise est remarquable, mais ils sont dans le vrai. L’Irlande plie physiquement. Puis vient enfin la pénalité : 30 mètres face aux poteaux, 30 secondes à jouer.
L’Italie choisit la touche. Elle passe tout près de la pénaltouche manquée, un instant qui rappelle de sacrés souvenirs aux toulousains, notamment la finale du Top 14 2023. Mais l’ouvreur toulonnais sort de justesse, avec une bonne part de réussite. S’ensuit une séquence de près de trois minutes où l’Italie garde enfin le ballon, use la défense, insiste. Mais ils finissent par céder.
À la 82e minute, une interception relance le suspense… avant une faute italienne qui offre à l’Irlande une dernière pénalité. Et dans ce scénario déjà irréel, l’Irlande manque sa touche. Ballon mort. Fin du match.
Le coup tactique italien que le XV de France doit décortiquerÀ un détail près, l’exploit
Le score final (20-13) est trompeur. L’Italie a été à une chandelle près d’une séquence construite, un ballon porté près d’un essai, un choix près d’un match nul, peut-être un détail près d’un exploit.
Ce match montre une chose essentielle : l’Italie sait désormais mettre sous pression une des meilleures équipes du monde.
Elle sait récupérer des ballons, entrer dans les 22, conserver sous fatigue, jouer un rugby cohérent. Ce qui lui manque encore, ce sont ces décisions froides, ces choix rationnels dans le chaos. Mais ces détails-là se règlent. Et parfois très vite.
Et maintenant, la France
Pour la France, cette fin de match doit être un signal d’alarme. Si l’Italie a été à un détail de battre l’Irlande, elle peut être à un détail de battre les Bleus.
Cette année, plus que jamais ; le talent est là et la structure aussi. Il ne reste que ces fameux détails. Et attention à ce qu’ils ne soient réglés… dès la semaine prochaine.
On va regarder la première mêlée avec un grand intérêt. Un vrai test pour nos bleus. Espérons que l'absence de notre gentil géant Atonio ne se ressente pas trop.
Même si la mêlée pourrait être un point clé, il y a aussi les centres: Menoncello par exemple, le futur Toulousain, et la patte de Quesada.
Je ne les vois pas gagner, mais ça va probablement être un match accroché.
Ils vont défendre dur, jouer la dépossession avec une rush defense, et tenter leurs coups à fond.
Avec ou sans Ange Capuozzo ?
lui et Page-Relo sont dans le groupe cette fois-ci.
Les choix de jeu des 9 étaient... surprenants.
Page-Relo devrait leur faire beaucoup de bien.
Ça, ça va leur faire du bien.
C'est la raison pour laquelle le forfait de Moefana tombe mal. Les centres italiens ce sont de sacrés clients, Menoncello notamment.
Ah bon, Moefana ? 🤔
Eh bien oui, Menoncello, c’est un client, c’est indéniable (sinon il n’irait pas à Toulouse), mais par contre, contrairement à toi, je pense que Brau-Borie a une palette beaucoup plus étendue que Moefana. Et en défense, il n’a rien à lui envier.
En d’autres termes, Brau-Borie est largement au-dessus de Moefana, même après seulement 1 match en équipe de France.
Piqueroni fait un sacré boulot (après les U20🇨🇵) à Pau. Je pense que c’est lui le futur entraîneur après 2027 du XV de France !
Je n'ai pas vu jouer Brau-Borie assez souvent. On verra bien.
Bien d'accord sur Piqueroni
Tu regardes un de mes posts où j’ai mis les stats face au Pays de Galles. Bien sûr, à confirmer.
Ah si on pouvait faire une recherche par auteur de commentaire ! Je vais essayer de le retrouver ça et de t'y répondre
'l’Italie peut-elle inquiéter la France ?'
Je pense plutôt que l'Italie ( toute en progrès qu'elle soit ) va vérifier à ses dépens que È pericoloso sporgersi face aux Bleus.
Victoire avec bonus.
S'ils commettent les mêmes erreurs que contre les Irlandais (mauvais choix, approximations, pertes de balles) c'est sûr que les Bleus les puniront. Mais méfiance tout de même, ces gars là sont en pleins progrès et ils ont un pack monstrueux, deux raisons qui doivent nous inciter à ne pas les prendre à la légère!
Pourquoi ne pas replacer Ollivon en 7. Je suis sûr que FG en rêve. Flament et Guillard dans la cage. Jegou ou Cros sur le banc. En pilier droit, ça va être rude ! Doudou va faire de la machine/joug pendant toute la semaine.
Et du cardio, j'ai l'impression que à la 23éme minutes contre le PDG il était déjà carbo.
Il était cramé à la 47 ème...
Pierre Amiche a dit de lui
"A priori : il se déplace peu.
Les chiffres montrent... que ca n'est pas si vrai.
Vs l'Irlande (50min) : 21 rucks (5e meilleur FR).
Vs le PDG (50min) : 21 rucks dont 9 en tant que 1er soutien.
A la 47e, il n'y arrive plus trop. Il n'arrive plus à tenir le rythme. Il sort fatigué.
Viennent ensuite toutes les petites actions énèrgivores qu'on oublie :
Il a fait une 50aine de petites courses d'ajustement pour ne pas être HJ et rester connecté. Il fait l'effort sur son plaquage manqué de circuler vite et reprendre la ligne.
Oui, Dorian Aldegheri n'est pas Ollivon ou Cros. Mais il travaille. Et plutôt bien."
Intéressant comme stats, mais je manque un peu de points de comparaison pour me faire une idée. Tu sais d'où elles proviennent ?
Du journaliste pierre Amiche , il a analysé le match de Doudou à la loupe car il en avait marre qu'on lui tombe tout le temps dessus...
Donc j'imagine que les mêmes stats ne sont pas disponibles pour d'autres joueurs histoire de comparer, dommage.
Je trouve qu'on est un peu sévère avec lui d'une façon générale. Probablement au motif qu'il n'a pas une main fantastique ...
Mais dans le travail sans ballon, je ne vois pas bien ce qu'on peut lui reprocher.
Le vrai test à la mêlée sera sûrement dimanche, en revanche ...
J'adore Doudou ! C'est pour moi le contre-exemple de Mr Superman qu'on voit souvent au rugby. Toujours là. Il représente un peu, le joueur à l'ancienne.
C'est ce match où notre mêlée va être challenger, et quand je vois qu'hier , on s'est fait bousculer sur cette phase avec nos remplaçants...
Servat va avoir du travail cette semaine...
C'est carrément les finisseurs qui posent problème, car d'après moi, la mêlée Italienne est autrement plus forte que celle des Gallois et il m'a pourtant semblé qu'on a "tangué" un peu quand Netti et Montagne étaient là
J'ai pas trouvé la mêlée formidable en 1ère mi-temps, que ce soit contre l'Irlande ou contre les poireaux....
Tu as raison, mais elle a tenu. Les Italiens vont nous proposer un gros challenge en mêlée, même si la mêlée des Gallois c'est quand même pas des Pink Floyds, ça va être dur pour nos Bleus!