Une action qui a fait bondir les supporters
D'aucuns diront que c'est devenu une habitude. Une fois de plus, le match entre la France et l'Irlande n'a pas été épargné par les actions polémiques. Côté irlandais, on a pesté contre plusieurs supposés en-avants tricolores sur leurs essais. En France, le geste qui a cristallisé les critiques françaises concerne un plaquage.
En fin de partie, et alors que le score était acquis pour les locaux, l’ouvreur des Bleus Matthieu Jalibert a été violemment percuté juste après un jeu au pied par le deuxième ligne irlandais James Ryan. À vitesse réelle comme au ralenti, le choc paraît rude, très rude même. Pas autant que la cartouche de Courtney Lawes sur Jules Plisson, mais quand même solide.
Pas de pénalité, encore moins de carton. Sur les réseaux sociaux et devant les écrans, beaucoup ont crié à l’injustice. Interrogé par le Midi Olympique, le patron de l’arbitrage français Mathieu Raynal a livré une analyse précise et pédagogique de cette action polémique.
''C'est un génie'' : pourquoi le vrai patron du rugby mondial ne s’appelle pas DupontPlaquage connecté : la notion clé à comprendre
Pour Mathieu Raynal, le point central est clair : « tous les arbitres considèrent le plaquage comme connecté ». Autrement dit, James Ryan est déjà engagé dans son geste au moment où Jalibert tape le ballon. « On considère donc que le plaquage est dans la continuité de l’action, du mouvement », explique-t-il. Dans le rugby moderne, cette notion de continuité est fondamentale. Si le défenseur n’a matériellement plus la possibilité de s’arrêter ou de modifier sa trajectoire, l’arbitre ne peut pas juger le geste comme en retard, même les flottantes du plaqué ont sifflé.
Vitesse, espace et timing : le rugby en fractions de seconde
Raynal va plus loin en rappelant des données dont le grand public n'a pas conscience au moment de hurler au complot arbitral. « Au niveau international, les joueurs parcourent en moyenne 8 mètres par seconde ». Dans ce contexte, lorsque Jalibert joue au pied, il ne reste qu’environ deux mètres à Ryan. « Tout se passe en une fraction de seconde ». Le rugby de haut niveau se joue sur des micro-intervalles de temps où la perception à vitesse réelle est souvent trompeuse. Ce que le ralenti accentue visuellement n’est pas toujours juridiquement sanctionnable.
Intensité ne veut pas dire illégalité
Oui, le choc est violent. La tête du Bordelais voyageant à l'opposée de son corps. Raynal ne le nie pas : « C’est un plaquage avec beaucoup d’intensité, certes ». Mais l’intensité seule ne suffit pas à caractériser une faute. L’arbitrage international se base sur un triptyque essentiel : vitesse, espace et temps. « C’est à la fois une question de timing et de ressenti de l’arbitre », rappelle Raynal, soulignant la complexité d’un sport où chaque situation est unique. Tant que le plaquage est engagé avant le jeu au pied, il reste dans les clous.
Pourquoi il n’y a ni pénalité ni carton
Dans cette action précise, James Ryan ne charge pas volontairement après le coup de pied. Il ne cible pas la tête, ne change pas de ligne et ne rajoute pas de geste parasite. Pour l’arbitre central, tous les critères sont réunis pour juger l’action tolérable. « Il était déjà engagé au moment où Matthieu Jalibert touche le ballon donc, c’est acceptable », tranche Raynal. Une décision cohérente avec les standards actuels de World Rugby.
« Fin de la rivalité » : la presse irlandaise abasourdie par la leçon françaiseUne polémique utile… si elle fait progresser la compréhension
Cette action rappelle une chose essentielle : le jeu au pied expose souvent son auteur. À ce niveau, les défenses montent très vite et l’attaquant doit accepter le risque. Le débat était inévitable. Mais l’éclairage de Mathieu Raynal permet de replacer cette action dans son vrai cadre réglementaire. Le rugby va vite, très vite. Et parfois, ce que l’on ressent comme une injustice est surtout le reflet de l'engagement assumé d’un sport où tout se joue parfois à une fraction de seconde près.
J'ai eu accès à la conversation entre les arbitres anglais
"Jalibert s'est fait découpé en deux à retardement par un irlandais, voyez-vous une raison de ne pas infliger un carton jaune à l'Irlandais ?!"
"Karl, je te rappelle que Jalibert est français !"
"Oui j'avais oublié ce détail... donc pas de faute, car il est français et s'il ne se relève pas, on dira à sa veuve, que le placage est connecté, c'est bon pour vous ?!"
"Oui c'est ok !"
La même en pire de Law sur Plisson....
Rien, même pas une pénalité et pourtant quand on regarde la violence... Me demande encore comment Plisson ne s'est pas retrouvé dans une chaise roulante ce jour-là...
Et ce sont les mêmes arbitres qui viennent nous les briser sans arrêt avec "la santé des joueurs" ! Foutaises!
Au moins, cette fois-ci, ils ne s'y sont pas mis à deux pour péter les ligaments croisés du genou de Dupont...
ils savent varier les attentats non pénalisés, ces affreux...
Surtout quand ils prennent une taule
Ce plaquage, c'est juste celui que n'importe quel entraîneur à n'importe quel niveau demande d'effectuer (souvent sans résultat) à l'adresse du mec en face qui fait iech.....
Ça couvait depuis un moment: Ramos près de la touche, Jelonch juste après, et au final Jaja !
Mais le TMO, il était où ? En pause clope ou quoi ? 😡
Et le protège-dents connecté de Jalibert, il n'a rien dit sur l'action ?
Parce que vu le mouvement très brutal droite gauche de sa tête, son cerveau a dû bien valser, sans parler des cervicales.
non à cet endroit du terrain, il n’y avait pas de réseau :-)
Ben nan, il s'est déconnecté avec la violence du choc !
placage connecté, protège dents déconnecté !
Legal, je le vois comme tel, néanmoins il m'arrive de ne plus être sûr de quoi que ce soit.
c'est ce que j'ai tenté d'expliquer à mes potes pas trop spécialistes avec qui j'ai regardé le match. C'est un plaquage violent et dangereux pour Jalibert mais dans la règle.
Le seul qui était de mon avis était le seul qui avait joué au rugby, en troisième ligne. Je me serais écrasé s'il m'avait dit le contraire, il maitrise mieux qu moi le sujet en ayant eu la tête dedans et en plus, il fait mal.
Ma collègue de boulot dont le mari jouait 2ème ligne m'a raconté pareil, qu'elle avait tiqué sur le plaquage mais que son homme n'avait pas bougé une oreille, plaquage légal pour lui.
mais oui y a rien à siffler.
on est juste dans le cas où le timing fait que l'impact d'un plaqueur gainé est violent par rapport à l'état du corps du plaqué qui lui est en phase de décontraction musculaire. le delta de densité est élevé entre les deux.
tu rajoutes la différence de poids ainsi que la vitesse de ryan et oui, pour sûr il l'a senti passer...
mais si tu regardes les faits, il est lancé, il le chope dans la foulée de sa transmission, c'est quasi instantané y a pas de retard réel. et le plaquage est techniquement tout à fait viable.
Tout à fait d'accord. Tous les troisièmes lignes du monde, quelque soit le niveau ont fait des placages comme ça. Il est dans la règle,en jouant bien avec le timing. Jelonch aurait fait le même, ce même site aurait fait deux articles pour louer sa combativité, et ses placages rugueux.
Là on parle d'un deuxième ligne avec un 10, donc la différence de gabarit fait que c'est un peu plus impressionant à regarder. On râle juste parce qu'on est français, les irlandais eux s'en régalent.
Ouaip, bof. C'est pas ce qui se fait de plus glorieux au rugby de voir une grosse brutasse charger pour détruire le joueur adverse. Ce genre de geste est une véritable atteinte à l'intégrité physique, c'est dangereux et c'est vraiment ce qui se fait de pire au rugby. Je croyais qu'il fallait respecter l'adversaire : si le but c'est que le mec qui subit finisse sa vie dans un fauteuil, alors c'est sans moi. Et il ne faut pas venir nous parler de préserver la santé des joueurs...
pour moi, il est déjà lancé et il a pas du tout le temps de couper son action. alors oui, si tu prends les données physiques, entre vitesse, différence de poids et de densité musculaire sur le moment, ça fait un bel impact.
mais c'est quand même dans la règle.
j'ai beaucoup plus de mal à accepter ce qui est arrivé à penaud contre montauban et que l'arbitre a clairement laissé passer à deux reprises. là y a un vrai sujet sur la violence et le fait que l'officiel ne la prenne pas en compte.
L'enfoiré savait ce qu'il faisait, et il n'y a pas possibilité en l'état actuel de la "législation" d'opposer une quelconque réclamation à ce geste. Le seul truc qui m'apparaitrait logique c'est que Ryan s'en prenne une bonne dans les cotes, un truc qui l'empêche de respirer, en retour. Mais faudrait un Chabal ou autre brutasse pour le faire. Ryan n'était pas comme ça à ses débuts.
je jugerais pas de l'intention d'autant que j'ai pas revu l'action.
mais ça peut être lié à la frustration tout comme être un petit retard lié à la fatigue .
Quoi qu'il advienne jalibert a pas l'air touché et c'est quand même le plus important .
L'intention y était, clairement, et il ne coupe pas du tout son action ... dans les côtes, la tête de Jaja part bien en travers, les muscles du cou était relachés mais amortissent (un peu moins pire que Plisson/Lawes) ... mais pas de commotion apparemment, la cervelle n'a pas heurté trop fort la boite cranienne, ce sont les cotelettes qui ont dû être "froissées" ... Si je faisais 140 kgs, sur le terrain à ce moment là, je me ciblerais Ryan au niveau des côtes flottantes, juste histoire de voir si son protège-dent fait biiiip ... (mais je fantasme ;-))
beh non, il coupe pas parce qu'il est tout prêt de le choper avec la gonfle. pour moi ça dit rien de l'intention de faire mal. il plaque, bien sûr qu'il veut impacter, ça fait partie du jeu.
il était énervé le gars, preuve en est que quelques minutes avant il s'était déjà montré "limite" dans un déblayage
C'est clairement intentionnel. La frustration du score et la fin du match arrivant, aidant. Sur une image quelques secondes après on le voit clairement content de lui.
détrompe-toi, on est pas onc comme ça du jour au lendemain, quand on l’est c’est depuis le début
On a jamais demandé à un irlandais sur le terrain de réfléchir.
A un sud Af non plus d’ailleurs.
Ca se saurait...
Euh... on a eu notre lot nous aussi. Rien que face aux irlandais, P.Papé en avait fait de belles, dans les côtes de O'Connel de mémoire.
On ne touche pas à Pascal Papé, stp...
héhé